| |
Léiomyosarcome (42, 44, 52, 99)
- Caractères
généraux :
Il représente 5 à 10 % des sarcomes des tissus mous et
environ 20 % des sarcomes à cellules fusiformes des tissus mous
(le léiomyosarcome de l'utérus est plus fréquent).
Le léiomyosarcome des tissus mous peut s'observer à tout
âge mais l'âge médian est de 60 ans. Deux tiers des
cas surviennent chez la femme.
- Caractères macroscopiques
:
Sur la tranche de section, la tumeur est plus ou moins nettement limitée,
blanc-grisâtre et fasciculée. Toutefois les tumeurs de
grande taille sont d'aspect charnu, de coloration blanc-grisâtre
avec des zones d'hémorragie et de nécrose et rien ne les
distingue des autres sarcomes.
- Caractères histologiques
:
Les cellules se disposent en longs faisceaux
se coupant à angle droit. Les cellules ont un cytoplasme
abondant et éosinophile, souvent fibrillaire, contenant eventuellement
une vacuole encochant le noyau. Le noyau est central, à extrémités
arrondies "en cigare". Les noyaux
peuvent être irréguliers, polymorphes, plurilobés
ou monstrueux. Rarement la disposition des noyaux en palissade peut
en imposer pour une tumeur schwannienne.
L'index mitotique constitue le meilleur critère de malignité
de ces tumeurs :
- tumeurs rétropéritonéales, la présence
de 1 à 4 mitoses pour 10 champs à fort grossissement indique
un potentiel malin, tandis que plus de 4 mitoses signent la malignité.
- tumeurs cutanées, plus de deux mitoses pour 10
champs au fort grossissement indiquent qu'il s'agit d'une tumeur maligne
(84).
On observe parfois des zones de hyalinisation habituellement focales,
des zones myxoïdes, hémorragiques et assez souvent des foyers
de nécrose.
Il existe des formes avec des zones de cellules pseudo-épithéliales,
des formes avec des zones anaplasiques, polymorphes ou avec cellules
inflammatoires, pouvant ressembler à un histiocytofibrome malin.
- Les techniques spéciales
peuvent aider au diagnostic:
- Colorations spéciales : classiquement
le trichrome de Masson et l'hématoxyline acide phospho-tungstique
permettent de mettre en évidence les myofibrilles intra-cytoplasmiques.
Il existe souvent du glycogène intra-cytoplasmique mis en
évidence par le PAS.
- Immunohistochimie : le marqueur le
plus utile est la desmine, cependant sur matériel
fixé de manière conventionnelle (formol ou Bouin)
et inclus en paraffine, la positivité est inconstante. Environ
50 % des léiomyosarcomes des tissus mous sont positifs avec
un anticorps anti-desmine. La fixation dans le liquide de Bouin
parait mieux préserver la réactivité que le
formol. L'actine musculaire globale (HHF35) et surtout l'actine
musculaire lisse sont plus souvent positives mais moins spécifiques.
Un nouveau marqueur, la h-caldesmone, semble doué
d'une bonne spécificité. Il est exprimé par
85% des leiomyosarcomes. Une positivité pour la cytokératine,
l'EMA et la protéine S100 a également été
rapportée dans quelques cas.
- Microscopie électronique :
on observe des noyaux indentés, des myofilaments et une lame
basale irrégulière autour des cellules tumorales.
- Diagnostic différentiel :
- fibrosarcome,
- sarcome de kaposi au stade nodulaire,
- tumeur maligne des nerfs périphériques,
- histiocytofibrome malin,
- nodule à cellules fusiformes post-opératoire,
- léiomyomatose disséminée intravasculaire ou intrapéritonéale;
- Caractères évolutifs
:
Les léiomyosarcomes ont un aspect identique mais leur pronostic
dépend principalement du siège de la tumeur. Classiquement
on distingue 3 catégories topographiques:
-
- Rétropéritonéale
et intra-abdominale : elle représente
plus de la moitié des léiomyosarcomes des tissus mous.
La tumeur est généralement de grande taille (moyenne:
16 cm) et se révèle par une masse, des douleurs, une
perte de poids, des vomissements. Elle envahit volontiers les organes
de voisinage et les vertèbres. Cette masse volumineuse, souvent
non résécable en totalité, ne présente
pas d'aspect macroscopique spécifique. Il s'agit d'une tumeur
de mauvais pronostic qui récidive localement et donne
fréquemment des métastases, avec une survie globale
à 5 ans de l'ordre de 30% seulement.
-
Cutanée et sous-cutanée
: elle est plus fréquente chez l'homme et siège
surtout au niveau des membres (face d'extension porteuses de poils).
Il s'agit d'une tumeur unique, de petite taille (généralement
moins de 2 cm), souvent douloureuse, s'accompagnant parfois de
modifications de l'épiderme, mal limitée. Elle peut
être de siège dermique ou sous-cutané. Le
pronostic est généralement bon, avec cependant un
risque notable de récidive locale dépendant de la
qualité de l'exérèse. Les formes sous-cutanées
peuvent donner des métastases (dans 1/3 des cas).
-
Vasculaire
: cette forme est rare et peut se développer à partir
de la veine cave inférieure (85% de femmes, possibilité
de syndrome de Budd-Chiari, difficulté de résection),
des veines des membres inférieurs et de l'artère
pulmonaire (pas de prédominance de sexe). Le pronostic
est en grande partie lié à l'envahissement vasculaire,
et à peu près la moitié des malades ont des
métastases lors du diagnostic.
|
|