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Histiocytofibrome bénin (9, 40, 99)
- Caractères généraux
:
Fréquent, il représente presque 20% des tumeurs bénignes
des tissus mous.
Il siège de façon préférentielle dans le
derme (où on lui consacre le terme d'histiocytofibrome cutané
ou de dermatofibrome) ou le tissu sous-cutané superficiel et
à un moindre degré dans les structures profondes (on le
désigne alors sous le terme d'histiocytofibrome de type profond).
De topographie variée, il est plus fréquent au niveau
des membres.
Il survient chez l'adulte jeune ou d'âge moyen (20 à 40
ans).
L'histiocytofibrome cutané se présente comme un nodule
unique, indolore, de croissance lente, sessile, plus rarement pédiculé,
de quelques millimètres à quelques centimètres
de diamètre (<3 cm), de coloration rosée ou rouge-brun,
parfois noir en cas d'hémorragie.
Profond, il s'agit également d'une masse indolore mais de taille
légèrement supérieure (les 2/3 de diamètre
égal ou supérieur à 5 cm).
- Caractères macroscopiques
:
Lésion circonscrite, de coloration blanchâtre ou jaunâtre,
avec d'éventuels foyers d'hémorragie.
- Caractères histologiques
:
- L'histiocytofibrome cutané est nodulaire, mal limité,
généralement séparé par une bande de tissu
sain de l'épiderme qui est souvent hyperplasique.
Les cellules fusiformes de petite taille de type fibroblastique ou pseudohistiocytaire
avec des noyaux un peu anguleux sont disposées en faisceaux courts
entrecroisés ou "en rayons de roues", accompagnées
de quelques histiocytes ou cellules géantes multinuclées
et d'un nombre variable de cellules inflammatoires (lymphocytes et cellules
xanthélasmisées) ce qui contribue à donner un certain
degré de polymorphisme à la lésion. Le nombre des
mitoses est réduit. Latéralement, la lésion infiltre
entre des trousseaux collagène dermiques épais (aspect
de boules de collagène englobées en périphérie).
- La forme hypercellulaire dite à potentiel de récidive
locale (8, 35). Elle ne représente que 5 % des histiocytofibromes.
Elle est constituée de cellules fusiformes d'aspect monomorphe
disposées en faisceaux courts ou en rayons de roue. Elle peut
s'accompagner d'une hypervascularisation marquée réalisant
un aspect hémangiopéricytaire. Cette forme densément
cellulaire, parfois plurinodulaire est souvent plus profonde que la
forme habituelle et infiltre volontiers l'hypoderme. Elle peut comporter
une nécrose centrale (12 % des cas) et une activité mitotique
élevée (jusqu'à 10 mitoses pour 10 champs au fort
grossissement). Cette forme s'observe chez le sujet plus jeune dans
des sièges inhabituels (mains, visages).
- L'histiocytofibrome profond est d'aspect storiforme plus marqué
et les cellules histiocytaires sont moins nombreuses; il est plus souvent
remanié par de la fibrose (29).
- Diagnostic différentiel :
- Avec les autres tumeurs bénignes,
. la fasciite nodulaire,
. le neurofibrome,
. le léiomyome;
- Avec les tumeurs "fibrohistiocytaires" plus agressives :
c'est le point le plus important,
. le dermatofibrosarcome de Darier et Ferrand,
. l'histiocytofibrome malin : de localisation profonde, avec pléomorphisme
cellulaire, présence de mitoses nombreuses et anormales, d'hémorragie
et de nécrose.
- Caractères évolutifs :
Le risque de récidive est d'autant plus grand que la lésion
est profonde.
Après éxérèse, le risque de récidive
est de l'ordre de 5 à 10 % pour l'histiocytofibrome cutané
habituel, et d'environ 20 à 30 % pour les formes hypercellulaires
dites à potentiel de récidive locale.
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