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Tumeurs à Cellules Pléomorphes Observation no. 05

Femme de 78 ans. Tumeur du rétropéritoine mesurant 14 cm.

 

MDM2

 

MDM2

 

 

Diagnostic:

 

Liposarcome dédifférencié avec composante de type MFH inflammatoire

 

Liposarcomes (1, 16, 17, 22, 36, 62, 63)

Les liposarcomes peuvent être classés en forme bien différenciée avec les sous-types adipocytaire (“ lipoma-like ”), sclérosant, inflammatoire et à cellules fusiformes ; forme dédifférenciée ; forme myxoïde/à cellules rondes ; et forme pléomorphe.

Trois variétés de liposarcomes entrent dans le cadre des tumeurs à cellules pléomorphes : le liposarcome bien différencié de type sclérosant, le liposarcome dédifférencié et le liposarcome pléomorphe.

Les liposarcomes, quelle que soit leur forme histologique présentent des caractères généraux communs .

- Caractères généraux

Les liposarcomes s'observent entre 40 et 70 ans.

Ces tumeurs siègent principalement au niveau des membres inférieurs (40 %) et surtout au niveau de la cuisse, et au niveau du tronc (30 %) principalement au niveau du rétropéritoine et de la région inguinale.

Ces tumeurs sont presque toujours profondes, situées en dessous de l'aponévrose superficielle. Elles mesurent entre 5 et 10 cm au niveau des membres, et entre 10 et 20 cm au niveau du rétropéritoine.

- Caractères cytologiques communs

Le lipoblaste est l'élément caractéristique pour le diagnostic de liposarcome. Il s'agit d'une cellule de taille variable, possédant dans son cytoplasme une ou plusieurs vacuoles optiquement vide de manière homogène, à bords nets et qui refoule le noyau en l'encochant. Ces vacuoles sont constituées de lipides et sont négatives à la coloration du bleu alcian. Attention, il n’est pas nécessaire d’avoir des lipoblastes pour faire un diagnostic de liposarcome (les liposarcomes sclérosants ou inflammatoires par exemple peuvent contenir peu ou pas de lipoblastes). De même, des lipoblastes peuvent se voir dans des lésions bénignes comme le lipome pléomorphe/à cellules fusiformes ou le lipome chondroïde. Le lipoblaste n’a de valeur que dans un contexte particulier (ex. tumeur adipeuse profonde de cuisse, de la région inguinale ou du rétropéritoine chez un patient âgé). Il faudra faire attention aux autres critères diagnostiques et en particulier aux cellules atypiques aux noyaux hyperchromatiques qui s’observent électivement dans les zones de fibrose et notamment dans les travées fibreuses qui dissèquent la masse adipeuse.

Le lipoblaste doit être distingué des autres cellules vacuolisées : vacuole à bords flous, de teinte souvent hétérogène et qui n'encoche pas le noyau. Elles peuvent contenir du matériel myxoïde et sont alors positives à la coloration de bleu alcian ou parfois être artéfactuelles.

 

Liposarcome dédifférencié (9, 16, 17, 22, 31, 37, 62, 63)

Ce type de tumeur a été isolé par Evans en 1979 par analogie avec le chondrosarcome dédifférencié.

- Caractères généraux

Suivant les séries, de 10 à 20 % des liposarcomes sont dédifférenciés. Environ 1/3 des liposarcomes du rétropéritoine entrent dans cette catégorie. Cette tumeur est certainement plus fréquente car la plupart des tumeurs du rétropéritoine étiquetées MFH correspond en fait à des liposarcomes dédifférenciés (9).

Ces tumeurs s'observent principalement au niveau du rétropéritoine et plus rarement du cordon spermatique.

- Aspect histologique

Cette tumeur comporte deux composantes :

. Composante bien différenciée correspondant à un liposarcome bien différenciée le plus souvent de type sclérosant.

. Composante dédifférenciée : elle correspond à un sarcome densément cellulaire constitué de cellules fusiformes ou pléomorphes non lipogènes, indifférenciée de type histiocytofibrome malin storiforme pléomorphe ou fibrosarcome, plus rarement de type myxofibrosarcome. Des zones de nécrose sont habituellement retrouvées. La transition entre ces deux composantes est souvent nette, abrupte, plus rarement graduelle. On a décrit récemment des liposarcomes dédifférenciés avec composante hétérologue principalement musculaire lisse ou plus rarement striée (18, 31, 55, 56) ou ostéo/chondrosarcomateuse ainsi que des liposarcomes dédifférenciés de faible grade (30, 61). La tumeur dénommée histiocytofibrome malin inflammatoire et caractérisée par la présence de cellules histiocytaires spumeuses et de polynucléaires correspond en règle à la composante dédifférenciée d’un liposarcome dédifférenciée (10).

Les liposarcomes bien différencié et dédifférencié appartiennent au même groupe tumoral et sont caractérisées par la présence de chromosomes en anneau et/ou de grands marqueurs chromosomiques constitués principalement de fragments répétés de chromosome 12 (6, 48). Ces tumeurs sont en effet caractérisées par une amplification constante de la région chromosomique 12q13-15 avec amplification des gènes MDM2 et CDK4. Cette amplification peut-être mise en évidence par immunohistochimie (anti-MDM2 et CDK4), FISH ou PCR quantitative, toute techniques utilisables sur tissus fixés et inclus en paraffine.

- Diagnostic différentiel

Liposarcome pléomorphe de type histiocytofibrome malin, liposarcome mixte.

Mésenchymome malin.

Histiocytofibrome malin pléomorphe.

- Caractères évolutifs :

Les récidives locales sont presque constantes étant donné le siège rétropéritonéal des tumeurs.

La présence d'une composante dédifférenciée implique un risque métastatique qui cependant reste moins important que pour les autres sarcomes à cellules pléomorphes (environ 15 à 20% de métastases).(30, 36).

La plupart des malades décèdent de leur tumeur, le plus souvent par récidive locale.

 

 

Cas no 6