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Orientations de la faculté
de médecine
de Beyrouth
Une Faculté de médecine ne saurait avoir pour ambition
de former de futurs médecins dans une perspective professionnelle
centrée exclusivement sur la conduite à tenir diagnostique
et thérapeutique. Connaître le corps humain et son
fonctionnement, pénétrer au coeur de la cellule pour
en saisir tous les rouages, expliquer et prévenir le pathologique,
lutter pour la santé, sont, bien entendu, autant d’objectifs
prioritaires pour toute compétence ; mais, ‘’Et
l’homme dans tout ça ?’’
Dans une société où l’existence se médicalise
de ‘’l’aube de la vie à son dernier souffle’’,
on peut redouter que le malade n’en devienne corps, machine,
objet passif et que ne s’altère la dimension humaine
de sa singularité. ‘’ Ce n’est pas mon
corps que je présente au médecin, c’est moi
tout entier rassemblé, dans l’unité duquel tout
s’ordonne, moi vivant ‘’. L’approche de
ce ‘’moi tout entier’’ nécessite
de mettre en oeuvre, dans toute faculté de médecine,
une pédagogie qui sensibilise le futur médecin à
tout ce qui se projette à lui dans le champ d’exercice
de sa profession et de sa relation privilégiée avec
le patient : L’homme dans sa globalité organique et
psychologique, mais aussi dans sa dimension sociologique et culturelle,
dans son environnement géographique et historique.
C’est dans cet esprit, que les étudiants de la faculté
de médecine de l’Université Saint Joseph , dans
le cadre du cours de sciences humaines en première année,
sous la direction du Pr. Jacques Beauchard, ont entrepris une réflexion
sur la Cité, espace public, lieu de rencontre et de mémoire.
Tout au long de cette réflexion et au fil des années,
les étudiants ont cherché à connaître
ce qui les entoure, à découvrir, à travers
les lieux de la Cité, à travers leur histoire personnelle
et la diversité de leurs origines, à travers la langue,
la culture, les modes de vie et la religion, toute la richesse et
la complexité de la mosaïque libanaise, autant d’éléments
d’un patrimoine qui relie un peuple à un territoire,
à une histoire commune, à la succession des civilisations
passées.
L’étude de la mosaïque libanaise
ne peut-elle être élargie à celle de la mosaïque
du monde francophone.? A l’exemple des étudiants libanais,
des étudiants de facultés francophones pourraient
entreprendre ce même travail de recherche et enrichir ainsi
le site internet, "La Cite Humaniste" que nous mettons
prochainement en route. Quelle belle occasion pour ces jeunes d’aller
au devant les uns les autres, de se reconnaître dans leur
singularité et leur difference, de construire ‘’
ce réseau d’humanisme integral qui se tisse autour
de la terre ‘’ et qui définit la francophonie,
selon Léopold Senghor.
Pr.Pierre Farah, doyen honoraire de la faculté de médecine
de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth
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