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Amin Maalouf dit que le Liban est, tout comme
le rosier fragile planté au pied de la vigne, un annon¬ciateur
de maladie. Ainsi, il fut le premier pays frappé par la guerre
urbaine et le terrorisme. Et voilà que le 14 mars 2005, place
des Martyrs, devant la tente où reposent Rafic Hariri et
ses compagnons assassinés un mois plus tôt, un million
de musulmans, Druzes et chrétiens sont rassemblés.
Unanimité d’un nouvel ordre ? Incantation désespérée
? Belle mosaïque indépendante, Beyrouth reste fragile.
Même si le mouvement de la ville, et sa résilience,
s’opposent au retour des milices et dispersent pour l’instant
les excès communautaires. Polyglotte, elle s’affiche
sur les vitrines de ses commerces en arabe, anglais, français,
voire en chinois. La mosaïque libanaise sécrète,
à chaque coin de rue, une arabité singulière
dont Beyrouth se fait le foyer vif contre la mort. Tel est l’objet
de ce livre : comprendre comment Beyrouth, qui fait corps avec le
Liban, possède une urbanité sensible, cultive en elle
les dangers du monde et tente de les prévenir – au
prix de la vie.
Jacques BEAUCHARD
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