Mutations dans le gène de la périaxine
chez des patients atteints de CMT4
La neuropathie de Charcot-Marie-Tooth est la polyneuropathie héréditaire
la plus fréquente, avec une prévalence de 1/2500 à
1/5000 selon la littérature. Elle se transmet selon plusieurs
modes : autosomique dominant, autosomique récessif et lié
à l’X. A l’heure actuelle, 39 locus de CMT ont
été identifiés, dont 14 gènes sont caractérisés.
Dans le cadre de ce projet, nous nous intéressons au sous-groupe
des formes démyélinisantes sévères de
la maladie de Charcot-Marie-Tooth à transmission récessive
(ARCMT1 ou CMT4), et plus particulièrement au sous-type CMT4F.
Ce dernier a été localisé puis identifié,
lors d’une étude réalisée dans notre
laboratoire, dans une famille libanaise originaire du Liban Sud.
Le gène identifié est le gène PRX, codant pour
la périaxine. Jusqu’à présent, 7 mutations
et 11 polymorphismes ont été identifiés dans
ce gène. Dans la mesure où des mutations dans le gène
PRX ont été retrouvées chez des patients d’origine
ethnique différente (Libanais, Hispaniques d’Amérique
du Nord et Européens du Nord), nous avons décidé
d’étudier l’implication du gène PRX dans
les formes sévères de CMT4 ou Déjérine-Sottas.
Notre étude porte sur 32 malades atteints de formes sévères
de CMT démyélinisant, et pour lesquels le défaut
moléculaire n’a pas pu être identifié.
Ils ont été recrutés, soit par Dr Nicolas Lévy,
à l’Hôpital de la Timone (Marseille – France),
soit par Dr André Mégarbané dans notre unité
de Génétique Médicale. De plus, en collaboration
avec Dr Rosette JABBOUR (AUH), nous sommes en train de recruter
de nouveaux malades.
Pour chaque patient, nous explorons la séquence codante
du gène PRX, c’est à dire les 4 exons codants,
soit au total 4485 pb. En pratique, les exons 4, 5 et 6 sont amplifiés
par PCR, à l’aide d’amorces introniques ; l’intron
6 est également séquencé, car il existe une
forme de la protéine, formée par un mécanisme
rare de rétention de l’intron 6 ; l’exon 7 étant
très grand (environ 4000 pb) nous l’avons amplifié
en 11 fragments chevauchants d’environ 500 pb chacun. Le séquençage
fluorescent est réalisé, dans un seul sens, à
partir des 15 fragments amplifiés par PCR, sur un séquenceur
automatique ABI 310 (Applied Biosystems) ou ABI 377 (Applied Biosystems).
A l’heure actuelle, le séquençage des exons
4, 5, 6, de l’intron 6 est terminé pour les 32 patients.
Deux des onze fragments composant l’exon 7 ont également
été séquencés. Les polymorphismes et
variations de séquences retrouvés, jusqu’à
présent, dans les 6 fragments testés chez nos malades,
sont présentés ci-dessous :
Polymorphismes :
Chez 9 patients : T102T (exon 6) dont 3 à l’état
homozygote et 6 à l’état hétérozygote
Variations de séquence potentiellement liées à
la pathologie :
Variation A244V (GCG>GTG) chez 2 patients (à l’état
hétérozygote) : cette variation (faux-sens) doit être
testée chez des individus sains (100 individus), afin de
déterminer sa pathogénicité.
Changement hétérozygote ATG>ACG au niveau du
codon Méthionine initiateur chez un patient. Chez le même
patient, on a retrouvé une insertion hétérozygote
d’une guanine au codon 244, aboutissant à un décalage
du cadre de lecture (E352fs). Pour ce patient, nous envisageons
une étude au niveau des transcrits (ARNm), ainsi que l’étude
d’une population témoin (100 individus sains).
Pour tous les patients, 9 fragments restent encore a séquencer.
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