Implication du gène GJB2 dans
les surdités non-syndromiques à transmission autosomique
récessive
La surdité représente le déficit sensoriel
le plus fréquent chez l’Homme, avec une fréquence
de 1/1000, la moitié des cas étant d’origine
génétique. A l’heure actuelle, 40 loci de surdités
non-syndromiques à transmission autosomique récessive
sont décrits, parmi lesquels 11 gènes sont identifiés.
Le gène GJB2 (locus DFNB1), qui code une protéine
gap-jonction, est impliqué dans la majorité des surdités
non-syndromiques à transmission autosomique récessive
(SNSAR). Sur les 48 familles libanaises déjà étudiées,
en collaboration avec le Pr. Christine Petit (l’Unité
de Génétique des Déficits Sensoriels (CNRS-URA
1968)- Institut Pasteur – Paris), une liaison au locus DFNB1
a été retrouvée dans 16 des familles, soit
33 % de la totalité. Sur les 16 patients, 15 étaient
homozygotes pour la mutation 30delG, majoritairement retrouvée
dans le gène. La contribution du gène GJB2 aux SNSARs
semble plus faible au Liban (33%) que dans les populations européennes
ou Nord Américaines, où elle est habituellement proche
de 50 %. A l’inverse, la fréquence allélique
de la mutation 30delG dans notre échantillon (94%) est plus
élevée que dans les autres populations testées.
La recherche de cette mutation chez 300 individus témoins
ne présentant pas de symptômes de SNSAR a permis de
montrer une fréquence des hétérozygotes de
1/43, soit légèrement inférieure à la
fréquence des hétérozygotes dans les populations
caucasiennes.
Au vu de ces résultats, nous avons décidé
de procéder à la recherche systématique de
mutations dans le gène GJB2, pour trente patients atteints
de surdité congénitale non-syndromique, isolée
ou familiale, dont 28 patients non apparentés, par exploration
de tout l’exon 2 codant du gène GJB2. Nous avons d’abord
réalisé la recherche de la mutation 30delG. Chez les
patients pour lesquels nous n’avons pas retrouvé cette
mutation, nous avons procédé au séquençage
direct de la séquence codante du gène.
La mutation 30delG a été retrouvée à
l’état homozygote chez 4 patients apparentés,
soit 2 patients non apparentés, et à l’état
hétérozygote chez un patient. Chez les autres patients,
le séquençage de la partie codante du gène
GJB2 a été réalisée, nous n’avons
identifié aucune mutation. Cependant, plusieurs polymorphismes
ont été retrouvés (tous décrits dans
une banque de données (http://dnalab-www.uia.ac.be/dnalab/hhh):
-le polymorphisme V153I a été retrouvé à
l’état hétérozygote chez 4 patients,
ainsi que chez un témoin non atteint de surdité, séquencé
en parallèle.
- le polymorphisme V190V, en combinaison avec V153I chez un seul
patient
Cette étude a confirmé que les mutations dans le gène
GJB2 sont moins fréquentes au Liban que dans d’autres
populations.
Ce résultat peut s’expliquer par la grande diversité
de sa population et l’existence d’isolats géographiques.
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